Cloud en Europe : quand Google retire sa plainte… mais que tout le monde retient son souffle

Déc 2, 2025 | Tech | 0 commentaires

Qu’est-ce qui s’est passé?

Vendredi 28 novembre 2025, Google a décidé de retirer sa plainte antitrust déposée auprès de la Commission européenne contre Microsoft, concernant les pratiques sur son cloud Azure; Plainte déposée initialement l’an dernier.
Pourtant, ce retrait ne marque pas la fin de l’affaire. Une semaine plus tôt, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une enquête plus large visant le marché du cloud en Europe, avec en ligne de mire non seulement Microsoft, mais aussi Amazon Web Services (AWS).

Autrement dit : si Google abandonne la plainte, c’est parce que Bruxelles a décidé de prendre le dossier à un niveau plus global/

À RETENIR 

  • Google a retiré sa plainte contre Microsoft, mais l’enquête de l’UE sur le marché du cloud continue.
  • Microsoft (Azure) et AWS sont maintenant dans le viseur de Bruxelles.
  • Si l’enquête débouche sur des mesures concrètes, cela pourrait profondément transformer le paysage du cloud en Europe.

Pourquoi Microsoft et AWS devraient s’inquiéter !

L’enquête de l’Union européenne vise à savoir si Azure et AWS ne jouent pas le rôle de « gatekeepers », c’est-à-dire d’intermédiaires incontournables entre les entreprises et les services cloud, ce qui pourrait justifier une régulation plus stricte sous le régime du Digital Markets Act (DMA).

Parmi les griefs cités : des pratiques jugées anticoncurrentielles, notamment des mécanismes de licences Windows Server qui rendraient coûteuse, voire pénalisante, la migration vers un autre cloud, ainsi que des restrictions sur les mises à jour ou l’interopérabilité pour les workloads hébergés ailleurs qu’Azure.
Si l’enquête aboutit, ces plateformes pourraient se voir imposer des obligations fortes : plus de transparence, d’interopérabilité, facilitations des migrations… voire des limitations dans leurs offres.

Quelles conséquences possibles pour les entreprises, les start-ups et le grand public ?

  • Pour les entreprises utilisant Azure ou AWS : une incertitude. Si des règles plus strictes sont imposées, cela pourrait compliquer la gestion des licences, des migrations, voire entraîner des coûts supplémentaires ou une reconfiguration technique.
  • Pour les concurrents (cloud européens ou alternatifs) : c’est peut-être une fenêtre d’opportunité. Si Azure et AWS perdent des avantages, de nouveaux services — plus ouverts, plus transparents — pourraient émerger.
  • Pour la souveraineté numérique en Europe : un tournant. L’enquête montre que l’Europe ne veut plus d’un oligopole silencieux dans le cloud, mais d’un environnement plus concurrentiel, plus ouvert, plus respectueux de la liberté de choix.

Allons plus loin ?

L’affaire ne se joue plus aujourd’hui entre deux géants, mais entre un marché structuré et des utilisateurs (entreprises comme particuliers) qui réclament plus de liberté. Dans un monde où beaucoup d’infrastructures critiques passent par le cloud, laisser deux ou trois acteurs décider de tout revient à concentrer un pouvoir énorme, parfois opaque.

Question à méditer :
Dans un avenir proche, si le cloud dominant est régulé et fragmenté, accepteriez-vous de migrer vers un fournisseur plus petit mais plus transparent, même si cela implique des ajustements techniques ?

 

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