Selon Clubic, HP et Dell ont délibérément désactivé le décodage matériel HEVC sur certaines gammes de leurs PC portables.
Cette décision, apparemment technique, ne serait en réalité qu’une économie de licence : en désactivant cette fonctionnalité, les constructeurs évitent de payer des redevances (pouvant aller jusqu’à un dollar par machine) à des consortiums comme MPEG LA ou HEVC Advance. Le résultat ? Des machines bridées, des performances amoindries et des utilisateurs qui subissent le choix économique des fabricants.
A RETENIR
- HP et Dell désactivent volontairement le décodage HEVC sur certains PC
- Une décision économique qui impacte directement l’expérience utilisateur
- Le codec AV1 apparaît comme la vraie alternative d’avenir
Un bridage qui pèse lourd sur les performances réelles
La désactivation de l’accélération matérielle entraîne des conséquences bien concrètes. Sur les modèles visés principalement des PC d’entrée ou de milieu de gamme, les utilisateurs rapportent des difficultés à lire des vidéos HEVC sur des navigateurs comme Chrome ou Firefox : des chargements interminables, des saccades, et un processeur forcé de faire tout le travail. Ce n’est pas un problème de compatibilité : les puces Intel ou AMD sont parfaitement capables de gérer ce format.
Pourquoi ce bridage ?
L’explication serait financière : HP et Dell chercheraient à éviter le coût des licences HEVC pour ces machines. Ces licences, bien qu’apparaissant minimes pour chaque unité, pèsent lourd sur des millions de machines vendues. Et plutôt que d’absorber ce coût, certains constructeurs semblent avoir choisi la voie du “bricolage logiciel” pour le couper à la source.
Paradoxalement, les modèles haut de gamme (écrans 4K, Dolby, etc.) conservent souvent cette fonctionnalité, ce qui laisse penser que le bridage est ciblé sur des modèles plus “populaires” là où les marges sont plus serrées, mais le volume est très élevé.
Une opacité inquiétante pour les consommateurs
Ce qui dérange encore plus, c’est le manque de transparence : alors que chez HP, certaines fiches techniques mentionnent de façon discrète que l’“accélération matérielle est désactivée”, chez Dell, le silence est total. Certains experts rapportent des difficultés à obtenir des informations claires sur les mises à jour ou le potentiel réel des machines, d’autant que le bridage ne semble pas être justifié par des limitations matérielles.
Quelles alternatives ou perspectives pour l’avenir ?
La situation ouvre la porte à un acteur alternatif prometteur : le codec AV1. Gratuit, open source, et soutenu par de nombreuses entreprises de la tech, il pourrait devenir la solution pour contourner les coûts liés aux licences HEVC. Si ce passage se généralise, cela pourrait redistribuer les cartes dans la manière dont les constructeurs conçoivent leurs machines et leurs coûts.
D’un autre côté, la pression sur les consommateurs pourrait s’intensifier : certains utilisateurs rapportent que Dell pousse l’achat d’extensions logicielles payantes (via le Microsoft Store) pour “réactiver” certaines fonctions de décodage. Dans un tel contexte, il devient plus que jamais crucial de surveiller non seulement les caractéristiques techniques, mais aussi les licences et les fonctionnalités “cachées” qui ne figurent pas dans les fiches marketing.
Allons plus loin ?
Cette situation rappelle que les décisions techniques des fabricants ne sont pas toujours purement techniques : elles peuvent aussi être guidées par des choix économiques et des stratégies de minimisation des coûts. Si les consommateurs n’y prennent pas garde, ils risquent de payer non seulement en performance, mais aussi en longévité et en satisfaction.
Question de réflexion :
Jusqu’où accepteriez-vous un PC “bridé” au profit du prix ? Et serait-il acceptable qu’un constructeur coupe certaines fonctionnalités pour économiser sur des licences, au détriment de l’expérience utilisateur ?







